13 décembre 2011

La P.

Jamais rien de plus précieux que ces autres qui vous rappellent à la poésie. 

29 novembre 2011

Celui qui parle de vos yeux






Il vous est difficile de laisser une place à celui qui vous estime, vous respecte, vous espère. 


A celui qui a plusieurs fois pris le risque d'un soufflet, par vous, pour vous. 


A celui, et vous abdiquez pour l'admettre, qui a réussi au moins aussi bien que vous à ne pas être le produit d'un déterminisme ordinaire. 


A celui qui a le génie souvent discret, et l'imperfection bruyante. A celui qui cultive son jardin et l'arrose sans modération. A celui que vous imaginez parfois vieillir a vos côtés quand il se prête aussi bien à vos pitreries. 


Il vous est difficile d'admettre que ce que vous cherchiez vous a trouvé.

28 novembre 2011

Aptitude



C'est bientôt votre "anniversaire". 


Votre mélancolie vous amène à répéter cette phrase d'une autre époque: "je suis née un jour où Dieu était malade". Il ne vous semble pas que la vie est affaire de bonheur. Il vous semble que la tristesse et le douloureux espoir sont l'essentiel. Ce ne sont pas vos grands yeux d'océans qui diront le contraire.


Le bonheur, insulte au fondement fragile de votre existence. Le bonheur, incapable de longévité. Le bonheur, infâme dissimulation de l'affliction. Le bonheur, injuste. 


Même si tout est invention, cela répond partiellement à la question. 

4 juin 2010

Les silences




Vous aimez pareillement les musiques glaciales et les musiques chaleureuses, mais il faut reconnaître que le froid s'accorde mieux au silence. Aux silences que vous provoquez, comme un art insensé dont vous ne maîtriseriez pas la technique.



Chut

16 mai 2010

Arôme

Il y a les gens avec qui l'on communique, et ceux avec qui on partage.
Il y a l'art de l'artifice, et celui de la connivence.
Il y a la musique, et il y a le jazz.



C'est une question d'essence

15 mai 2010

Du temps


De longs mois sont passés depuis votre escapade asiatique. Le temps s'est répandu lentement, long goutte à goutte lascif.

Il ne tiendrait qu'à vous peut-être d'ouvrir les vannes, de noyer à grandes eaux l'insignifiance et l'envie. Mais surtout pas.

Ce temps là est nécessaire dans la partition, il est le vent qui porte les cendres et le fleuve qui charrie l'obole et la terre qui pétrit sous un lit de feuilles.

Votre figure grimaçante se fera sage, encore quelques temps.



Le rythme des saisons

24 janvier 2010

Metamorphosis




La condition humaine a certaines tristesses que seule la poésie peut apaiser.

Vous écrivez tout cela depuis une geôle qui n'a plus de frontières.

21 janvier 2010

Work

Ce monde où les hommes sont frustrés, mal aimés, encagés.

Exilé sur le sol au milieu des huées

9 janvier 2010

Cruelist Heart


Cette histoire frappante d'une femme seule qui, sentant la mort arriver, écrivît son testament sur sa machine à laver.

Combien de cœur cruels, d'occasions manquées, de bonheurs gâchés?
Combien de slips souillés, combien de sentences de culpabilité, avant d'écrire son testament sur un appareil électroménager?




L'histoire ne dit pas ce qu'elle souhaitait léguer

5 janvier 2010

Insomnia

Envie d'arracher à ce monde en toc son masque lissé, son velouté factice, son illusoire santé.

Un chant d'oiseau improvisé sous la neige, et le grondement d'un prédateur à l'affut.

Retreat ! Retreat !

Sick

28 décembre 2009

Derrière les coussins

C'est con ce que je vais te dire, hein, mais quand j'ai peur, quand je crains d'avoir perdu la poésie, d'être passée du côté de tous les inhumains, je me souviens qu'il y a toi, et que la poésie je l'ai en moi si je cherche bien.

Et je sais que tu pigeras 


27 décembre 2009

Entrez doucement dans l'hiver



Allez courir dans les allées d'un parc parisien délaissé pour cause de Fêtes.
Recouvrez-vous d'une musique soyeuse.
Savourez la caresse d'une tasse fumante et la lascivité d'un canapé moelleux.

Le rythme des saisons a un sens; c'est l'Hiver qui en détient la clef.




En visionnant un vieux film de Wong Kar-Waï, une conversation de tablée chinoise vous revient à l'esprit.

- How can you be all so clean?
- We pay attention, dear.

- Hmmm... It's because you eat the non-spicy sauce.

- Hmmm... maybe.

- I need to find a reason...
- You don't. 
- Why?

- Everything you do is perfect 

Plus que tout vous aimez l'idée que l'on puisse s'aimer de loin en loin, depuis 10 ans, et de façon anecdotique. Cela vous tiendra chaud au cœur pour l'hiver.

L'été est enfin terminé.


Days of Being Wild...

22 décembre 2009

Sha Tin


Prenez garde à ne pas vivre sans Poésie.
Un danger imminent la guette et vous ne pouvez l'encercler de vos mains pour la protéger.
C'est une guerre qu'il faut engager. C'est le courage qui sait la préserver.

Prends les armes! vous intime-t-on depuis le siège de vos émotions. La poésie! La poésie! La poésie!
Et vous ne trouvez que vos larmes.

20 décembre 2009

Hotpot


Retour parmi les morts avez-vous envie de dire, quand l'amertume fait du jet lag un profond ennui.

Sous la neige et le froid Paris ne vous semble pas beau mais plutôt sans âme, la farce de Noël faite de joie forcée, d'artifice monnayé.


Le regard hébété vous réalisez qu'Ici est Chez Vous depuis trop longtemps.


Respirez.

Le déplacement, lieu du langage, dans votre carnet vous relisez:
Jinghong - il ne faut pas chercher l'amour, il ne faut que chercher la joie.

28 septembre 2009

De l'origine des larmes

Dans cette boîte où vous comptiez les joies, les peines, les années, les rencontres, les projets, les réorganisations... vous comptez aujourd'hui les morts.
Vous pleurez.
Ces vies interrompues. Ces moments où vous auriez pu franchir ce cap. Cet ami qui était en vous plus vivant que vous ne l'étiez.



Depuis quelque temps, votre châtaigne semble habitée d'un secret. Et ce n'est plus un secret: c'est un enfant.
Vous pleurez.
Elle est belle et sereine. Une maternité exacerbée. Il vous vient à l'esprit que vous l'enviez.

24 août 2009

Absent Friend


Puisque vous n'avez rien d'autre à faire, parfois, lorsque le babillage coloré des collègues dans le RER vous frôle sans vous toucher, vous vous penchez sur cette étrange idée d'âme sœur.


Une âme qui serait fraternellement vôtre. Un être qui porterait en lui l'instinct de l'animal que vous êtes.

C'est bien joli, mais dans quelle sorte de monde cela peut-il cohabiter avec la réalité d'un quotidien concret - concrètement superficiel?

Puis

Lorsque, réunis avec vos amis d'antan - ceux que l'on remercie d'être si précisément imparfaits - à la faveur d'un soleil brutal et d'un vin léger vous réalisez qu'il manque CETTE personne
- celle qui portait/porterait ce même regard, ironique, attendri, bienveillant et naïf, sur ce petit monde-là
- celle dont personne ne mentionne l'absence par égard pour le présent
- ou par égard pour vous - ou bien parce qu'ils ont oublié
- cette personne qui fut votre planète, dans un espace-temps qui parait plus lointain que tout
- cette personne qui laisse un vide qu'encore vous ne pouvez nommer
- là, vous comprenez, oui, vous comprenez.

Qu'un jour peut-être, vous l'avez eu à vos côtés.

18 juin 2009

Rage

Où se cachait la poésie lorsque la violence explosait sur vous? Comment a-t-elle survécu au cataclysme de la terreur?

A-t-elle survécu?


Orageuse, ombrageuse, sombre comme les marques sur votre peau.
Votre poitrine refusait de grandir. C'était là toute la rébellion possible d'une enfant face au despote. 

Muette, obstinée. Le silence comme seule dignité.

8 juin 2009

Hide and Sick

Suspendue au temps, c'est une latence qui se dérobe au regard des gueux.
Cette chose particulière, qui ne demande qu'à être saisie pour mieux s'enfuir, n'a pas de lieu de prédilection, ni d'origine.
Il se pourrait qu'on l'entende parfois lorsque le silence se fait, mais si humble, elle s'efface aisément devant lui.


Tout le monde s'interroge: où se cache la poésie ?

16 mai 2009

Start Wearing Purple

Soufflez, sifflez, époumonez, criez, dansez, baisez, nagez, courez, fumez, buvez, riez, lisez...
De toutes les façons vous ne soulèverez rien d'important

Au petit matin vous vous égarez à l'imaginer à vos côtés. Ce qui fut réel, ce qui n'arriva pas - vous ne sauriez dire.

Son absence est préhensible, et sa présence se devine. Vous maintenez les autres à distance. Vous laissez exister son silence.



6 mai 2009

Cet étrange gouvernail

C'était le monde immense et l'étroitesse du chemin, le danger partout et la confiance qui aurait voulu trouver un endroit.
C'était toutes ces choses à dire et personne pour l'entendre, c'était le crépuscule de ma jeune existence. 
C'était l'enfant tapi dans une cachette et plus tard le monstre grinçant au fond de soi.

C'était le jour où j'ai raté mon permis, et le jour où j'ai pleuré sous les applaudissements.
C'était une larme qu'on ne peut s'arracher sans musique. C'était toi qui ne m'aimait plus ou moi qui ne t'attendai pas. 
C'était la falaise que j'ai gravi sans toi.




28 avril 2009

Safe Travels

Lors d'un voyage solitaire, ressentir parfaitement le mouvement de son cœur projeté contre la poitrine, essayant d'atteindre l'impossible pâturage. 

Dans les foules de japonais, distinguer par dizaine l'air hagard de l'individu qui croule.

Au hasard des vacuoles de solitude, trouver les mots. Cet endroit qui n'est pas un lieu, le voyage, est propice à cela.


"Il n'y a pas d'urgence à aimer un autre en particulier"




21 avril 2009

Random night

I want a throne too I fuckin' like this fuckin' album Shut the fuck up is it correct? I'm too drunk to dance with you I was born somewhere but I can't remember it Those people are in a cage Sometimes I think I was listening to Lou Reed before I was ever born I'm too drunk to run my bike You're teaching english? Well, I need english lessons No you don't but I can teach you anyway


Quelque chose tarit l'inspiration - la bêtise humaine en fin de compte.

16 avril 2009

Cover Me

C'est le moment de chérir Deleuze.


Le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire.
Les forces de répression n'empêchent pas les gens de s'exprimer, elles les forcent au contraire à s'exprimer. Douceur de n'avoir rien à dire, droit de n'avoir rien à dire, puisque c'est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d'être dit.
Ce dont on crève actuellement, ce n'est pas du brouillage, c'est des propositions qui n'ont aucun intérêt.
Ouste le bruit du monde, le tourbillon du groupe, l'hystérie de la chair tendre.

13 avril 2009

Jonasz

Quelque chose que vous ne saviez pas sur la mort.

Il faut pleurer sur CHACUNE des chansons que vous avez écoutées ensemble. Pas une, pas les meilleures, pas les plus moody. Toutes.

Si à tout hasard vous en oubliez une, elle vous retrouve un jour ou l'autre. Et elle se venge. Par surprise, elle vous arrache un peu de votre dignité. Celle que vous avez minutieusement bâti en apprenant à dire "Eh bien il s'est tué il y a 4 ans" sans sourciller. Sans serrement de cœur.

Chaque seconde est vitale. Chaque parole est essentielle. 

3 avril 2009

Dans mes tiroirs

Chiffon

A trois heures du matin
La clope a un gout de sapin
Sans trop m'avancer
Je dirais
Que ma vie a une sale gueule
Celle d'une caissière
D'hypermarché
Ou la poésie git
Dans un emballage pasteurisé.
Promotion au rayon chiffon.
Une serpillère gratuite
Avec chaque boîte de tranquillisant.
Je file un coup de pied
Au radiateur
Et retourne me coucher.

25 mars 2009

Out of words



Un fourmillement, un bruit sans paroles, un inconfortable éloignement de la substance.

22 février 2009

Comme si le corps trouvait Grâce


Conjurer l'inextinguible solitude d'une âme au sein de son enveloppe.

Exploration soigneuse de ta peau. Etre animal cérébral, devenir cannibale. Accélération des battements de cœur. Œuvrer à huiler la mécanique. Perturber le temps immobile. Long murmure de tes soupirs à mon oreille.


Les replis de la chair

21 février 2009

Expiration

Sans bruit je décide de m'effacer, doucement, laissant invisible même l'effacement.

25 janvier 2009

L'Ange Bleu


La cruauté du film est écrasante . Car le désir, cette chose complexe, est instrument de liberté aussi bien que d'aliénation.

20 janvier 2009

Le silence



Tout repenser. La solitude n'est pas l'absence - le silence n'est pas l'ennui - la présence n'est pas l'amour.
Nous nous embrassons et nous touchons comme des trésors. Quelque chose de sacré dans ces instants où la distance s'épuise et fait place à l'émerveillement.

La poésie et l'amour comme des silences, à préserver du bruit des hommes.

23 décembre 2008

Je ne sais pas lire

Prendre un café en terrasse, ne pas lire le journal, écouter les conversations alentour, regarder la foule aller et venir, et finalement cette concise banalité, presque rassurante tant elle m'est familière: je n'ai AUCUNE idée de ce que je veux faire de ma vie.


Le libraire m'a reconnu et jette un œil sur mes déambulations. La route, de Cormac Mac Carthy: depuis plusieurs semaines, je lui tourne autour, je l'inspecte, le soupèse. Puis le repose.

D'ailleurs je prends puis repose une dizaine de fois une dizaine de livres. Tout cela prend un temps considérable. Je manque de reposer Faulkner à côté de Houellebecq, Céline près de Mouawad...
Et soudain un souvenir violent afflue.

J'ai 5 ans à peine, dernière année de maternelle.
C'est la fin de l'année, et l'institutrice explique avec emphase que l'an prochain nous serons des grands, car nous serons EN CP.
EN CP!?!? Je panique, car je réalise que je ne sais pas lire. Je-ne-sais-pas-lire. Dans quelques semaines je serai EN CP mais JE NE SAIS PAS LIRE.
Je crie sur la maîtresse car elle ne m'a pas appris à lire. Je suis pleine de colère. Les autres enfants sont consternés. Madame! Je vais en CP mais je ne sais pas lire! Je ne sais pas lire!
Je pleure, et comme une petite furie je piétine le sol, et mon cartable. Je ne sais pas lire. Je ne sais pas lire. JE NE SAIS PAS LIRE.
Rien ne me calme, parce que je ne sais pas lire. L'angoisse est profonde comme un délire d'enfant.
Au beau milieu de la librairie, bizarrement, mon émotion de l'époque est intacte. Pure. Effrayante. 


Depuis toujours mes livres sont un moyen de calmer le pressentiment du néant. Petite, il me fallait déchiffrer les lettres, les phrases, à tout prix. Les mots, un univers de solitude, peuplé de multitudes, où ma défiance envers le monde trouvait refuge.

20 décembre 2008

Dust in The Wind


Poussière dans un pot, c'est tout ce qu'il est désormais. Poussière à la surface de ma mémoire. Poussière dans ma poitrine. Poussière sur les vieilles photos, les lettres. Poussière rouge africaine. Poussière dans ma respiration. Poussière dans les larmes.

Mon histoire poussiéreuse. Mon amour poussiéreux. Ma tristesse poussiéreuse. Mon immense ami poussiéreux que tant ne connaitront pas. La vie avant la poussière. Mimi.
L'auvergne. La Quatrelle. Les fêtes. Burkina Taxi. Bertin Marcellin Sépho. La musique.

La solitude poussiéreuse qu'il m'a laissée.

17 décembre 2008

Un grand secret


J'apprends dans la joie et dans la clandestinité, que la liberté a pour prix la désapprobation d'autrui.

2 novembre 2008

Celui qui

Tu me baises bien - oh oui je t'aime

Mais moi je voudrais que tu m'offres un bouquet de fleurs.

19 octobre 2008

Et puis...


Et puis il y a les états d'âmes de personnes bien plus faibles que vous, qu'il faudrait accepter de prendre en considération à chaque pas décisif de la vie.

Je peux sentir dans les regards, dans les silences que l'on attend de moi un aveu luisant de ma culpabilité.

...

Mais le soir venu, fermer le robinet de la trivialité, s'envoler rejoindre l'amant joyeux. 
De l'absence de dogme naît un sentiment que l'on ne dévoile jamais. Les corps sont au centre de l'exclamation.

Secrets et bruyants. Délictueux et lumineux.

Tout sauf cliché.

9 octobre 2008

Le Temps de la Romance et de la Crise


En ce moment où le monde entier moi y compris devrait s'affairer à paniquer et à prier le CAC40 de ne pas nous abandonner, j'aimerais prendre un instant pour m'arrêter sur l'état du monde, et dire à quelle point c'est une escroquerie ce fantasme d'une apocalypse qui n'arrivera pas.

La Romance a définitivement plus d'élégance. Vous n'en apprendrez rien dans les journaux, vous ne pourrez pas en parler en déjeuner d'affaires, vous ne pourrez que l'apercevoir, à la volée, dans un regard, dans une indiscrète confidence.

20 septembre 2008

La chair est triste


Un film hyperréaliste se déroule, qui semble banal à tout autre que vous. Des regards marqués de lassitude et de résignation - il ne s'agit plus seulement de cernes.

De jeunes garçons menottés et encadrés par des flics, un type fou à lier - d'ailleurs il était lié -  une vieille dame et son pied en sang, un homme ricanant au nez de chaque nouvel arrivant. La précieuse radiographie qu'un vieux monsieur serre dans sa main tremblotante. Une femme venue pour une consultation MST - sa fille de 5 ans patiente avec elle.

La chair est triste lorsque vous la contemplez depuis le service d'urgences d'un hôpital parisien

17 septembre 2008

Working Class Hero


Je rencontre des personnes qui un beau jour se sont perdues dans leur cœur, et se sont transformées toute entière en archétype de collègue de bureau.

9 septembre 2008

Coloriages


Changement de saison remarquable.



Moins de sexe et plus de bureaucratie me concernant. Petit foulard le matin. Et surprise à la sortie du métro: le jour est tombé tandis que je lisais Kafka dans les souterrains de la ville.

Je me rends aujourd'hui en Comité de Pilotage.
Nous sommes dix autour de la table, neuf têtes sont plongées dans leur laptop. Je suis la seule équipée d'un simple papier et stylo. Je colorie minutieusement les logos de la société venue nous exposer son projet. Il me manque quelques gommettes.

De belles insultes fusent: délocalisation, plan de charge, taux journalier, pénalités. Affaire de gros sous. Tout le monde est très sérieux. Nous parlons de centaines de milliers d'euros. Le fournisseur est condescendant avec son équipe offshore, c'est ce que l'on attend de lui.

7 septembre 2008

You and Me and Ouaga











Putain - que ça m'emmerde de ne pas réussir à m'empêcher de dire Bah vous
savez, la vérité, c'est que je me suis arrêtée à F
.
(R qui me prend dans ses bras, E qui regarde ses grands pieds)


Putain - que notre voyage au Burkina me semble lointain.
(Souvenirs d'odeurs et de sons parfois, qui me font monter les larmes aux yeux)

Putain - que ça fait mal quand je crois te voir dans le métro, dans la rue.
(Il n'est pas mort, je le savais, c'était une de ses mauvaises blagues, il s'est
caché tout ce temps pour vivre une autre vie)




Putain - putain de toi.